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Si ce n’est pas une vraie guerre, adieu les espoirs de paix !
information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 24/04/2026 à 11:45

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Le 24 avril 2026

Nous devons cette semaine répondre à une énigme. Pourquoi les marchés sont-ils aussi résilients, alors que rien ne s'arrange sur le théâtre des opérations en Iran ? Impossible de rencontrer un voisin ou un ami, ni d'assister à un dîner en ville sans que cette question soit abordée ! La situation est d'autant plus troublante, que nous sommes exactement en train d'entrer dans le scénario que tout le monde redoutait. Le conflit déclenché le 28 février est parti pour dépasser le seuil des deux mois à partir duquel les effets négatifs sur l'économie vont commencer à se faire véritablement sentir. Mais les marchés financiers ne semblent pas s'en émouvoir.

laskine

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Le fait que les experts militaires les plus chevronnés commencent à avancer l'idée que nous sommes sortis d'un conflit armé conventionnel pour entrer dans une grande confrontation économico-diplomatique n'a pourtant rien de rassurant. L'idée que nous soyons confrontés à une sorte de titanomachie digne des meilleurs extraits de la mythologie grecque, correspondant à un choc frontal entre un Occident considéré comme trop arrogant et un Sud Global incluant la Chine et la Russie, ne dit rien qui vaille. Car, s'il n'est plus question de guerre véritable, il n'y a pas non plus d'espoir de paix. Donc plus de perspectives de sortie de crise et d'amélioration du climat des affaires. La remontée récente du prix du baril de pétrole au-dessus des 105 dollars en est la meilleure illustration. La publication ce jeudi d'un indice PMI Flash du mois d'avril reflétant une première baisse de l'activité dans la zone euro depuis 16 mois semble indiquer que la fermeture du détroit d'Ormuz n'est pas sans conséquence.

Si tel est le cas, la hausse de la Bourse n'en est que plus incompréhensible. Pour l'heure, le principal soutien des marchés provient de la solidité des perspectives bénéficiaires des sociétés. Toutefois, toutes les valeurs de la cote n'avancent pas au même rythme. Un certain creusement des performances était déjà perceptible au cours des deux années précédentes, mais la tendance s'est encore accrue depuis le début du conflit. L'indice large Stoxx Europe 600 est en progression depuis le début de l'année, mais il est tiré vers le haut par trois secteurs qui creusent très nettement l'écart par rapport à la moyenne. Il s'agit de la santé en hausse de 12,6%, suivie des produits de base incluant notamment l'énergie (+7,8%) et bien sûr la technologie en progression de 7,7%. Aux Etats-Unis, les écarts sont encore plus exacerbés avec des gains encore plus élevés des valeurs énergétiques et technologiques, portées par des attentes de progression des bénéfices de l'ordre de 35% pour chacun de ces deux secteurs, comparées à une moyenne de 17% pour l'indice S&P 500.

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Toute la difficulté consiste donc à faire les bons choix sur ce marché à deux vitesses, avec d'un côté des valeurs très cherchées et de l'autre des pans entiers de la cote totalement délaissés. C'est ce que nous nous sommes efforcées de faire dans nos quatre portefeuilles PEA, avec quelques beaux succès, mais aussi avec une vraie déception. C'est le cas de notre sélection d'ETF Monde qui reste désespérément à la traîne des grands indices avec une performance proche de zéro, encore moins enviable que le CAC 40. En misant sur les indices généraux nous ne sommes pas parvenus à mener une stratégie de sélection de valeurs aussi efficace que celle mise en œuvre dans les portefeuilles de détention d'actions en direct. Nous avons par ailleurs conservé une proportion trop importante de liquidités qui a freiné nos capacités de progression et avons réduit trop précipitamment les positions détenues sur le Nasdaq, alors que celle prise la Chine a sous-performé le marché. Nous avons cette semaine acquis 100 parts du tracker Amundi Stoxx 600 Europe Technology qui n'a pas bénéficier du même engouement que le Nasdaq, nonobstant le fait que nous possédons en Europe plusieurs grands champions dans le domaine des semi-conducteurs. La part importante que représentent les grands spécialistes européens des logiciels, comme SAP ou Dassault Systèmes ou les SSII, comme Capgemini, a également pesé sur la performance, mais nous sommes confiants dans la capacité de ces sociétés à bénéficier, elles aussi, des avancées de l'IA.

A l'opposé, nous enregistrons de bons résultats de notre portefeuille Offensif en ciblant les valeurs énergétiques et celles de la technologie. Deux secteurs très en vue qui ont permis à ce portefeuille de continuer à renforcer son avance, avec un gain remarquable de 19,5% depuis le début de l'année. La performance a été portée, ce jeudi, par le bond de 14,4% de l'action STMicroelectronics qui a publié des résultats à la fois solides et supérieurs aux attentes. Dans le même secteur, Soitec a également contribué à la hausse. C'est aussi le cas de nos deux valeurs technologiques allemandes, Aixtron et SMA Solar, ainsi que de Schneider Electric et de Dassault Systèmes dont le cours s'est redressé cette semaine.

Avec un gain de plus de 6,3%, le portefeuille Défensif a aussi rempli son office de protection contre la crise iranienne, mais la progression de l'actif est assurée par des valeurs plus traditionnelles et de grande qualité, comme L'Oréal, Engie, Orange, Schneider Electric, Air Liquide ou BNP Paribas. Même chose pour notre sélection de fonds ISR/PEA (+3,7%) qui s'appuie, elle aussi, sur des valeurs situées aux antipodes de toute velléité spéculative.

Quelle stratégie pour les semaines à venir ? Jusqu'à présent, nous avons su tirer le meilleur parti du rebond des marchés intervenu dans un contexte de grande confusion, mais un glissement de la situation au Moyen-Orient vers un conflit larvé, sans réelle perspective de paix, n'est pas de bon augure. Contrairement aux apparences, ce n'est pas la violence des affrontements qui est la plus préoccupante, mais une multiplication des entraves aux échanges internationaux, avec en toile de fond des tensions inflationnistes récurrentes liées au renchérissement du prix des matières premières. Dans ces conditions, l'heure n'est plus aux arbitrages d'opportunité, mais à une certaine prudence. Et, sans doute, à un changement progressif de logiciel, désormais orienté vers une recherche de prise de bénéfices sur les valeurs ayant le plus profité de la crise.

Bonne lecture et bon week-end à tous,

Roland Laskine

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